Du 9 au 13 juin 2025, la ville de Nice devient l’épicentre mondial de la gouvernance marine. Elle accueille la troisième Conférence des Nations Unies, qui aura pour thème l’Océan. Co-organisé par la France et le Costa Rica, cet événement réunit plus de 70 chefs d’État, 4000 représentants gouvernementaux et 6000 membres de la société civile, avec pour ambition de répondre à ce que l’ONU qualifie de « crise mondiale des océans ».
Pourquoi parle-t-on de crise des océans ?
Une montée en température sans précédent
Les océans ont absorbé plus de 90 % de la chaleur excédentaire générée par les activités humaines depuis les années 1970, selon le GIEC. Résultat : la température moyenne des eaux de surface a atteint des niveaux records ces dernières années. Cela bouleverse les écosystèmes marins. En 2023, l’UNESCO a alerté sur l’accélération alarmante du réchauffement et de l’élévation du niveau des océans. L’organisation précise que certaines régions comme les tropiques ou les pôles voient leurs coraux blanchir massivement ou leurs glaces marines fondre à grande vitesse.
La pollution plastique : une marée invisible mais persistante
Chaque année, entre 9 et 14 millions de tonnes de plastique finissent dans les mers, selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Ce plastique ne disparaît jamais vraiment : il se fragmente nanoparticules qui contaminent toute la chaîne alimentaire marine, du plancton aux poissons… jusqu’à l’homme. Les scientifiques en retrouvent désormais dans l’eau potable, le sel marin, et même dans le sang humain.
La surpêche épuise les ressources halieutiques
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), plus d’un tiers des stocks de poissons mondiaux sont surexploités. Des espèces entières comme le thon rouge, la morue ou le mérou sont en voie de raréfaction. La pêche illégale, non réglementée et non déclarée représente jusqu’à 30 % des prises mondiales, sapant les efforts de gestion durable.
L’acidification des océans, une menace silencieuse
L’océan joue un rôle tampon contre le changement climatique en absorbant le dioxyde de carbone atmosphérique. Mais cette absorption a un coût : elle modifie la chimie des eaux marines. Le pH des océans a déjà chuté de 30 % depuis l’ère préindustrielle. Cette acidification affecte particulièrement les organismes à coquille ou à squelette calcaire, qui peinent à se développer dans un environnement plus acide.
La désoxygénation : des zones mortes en expansion
À mesure que les océans se réchauffent et se polluent, leur capacité à stocker de l’oxygène diminue. On voit apparaître de plus en plus de zones mortes, c’est-à-dire des régions marines où le taux d’oxygène est si bas qu’aucune vie complexe ne peut s’y maintenir. Ces zones ont quadruplé depuis les années 1950, selon une étude publiée dans Science en 2018.
Pourquoi la santé des océans est vitale pour l’humanité

Les océans jouent un rôle fondamental dans le maintien de la vie sur Terre :
- Santé humaine : De nombreux médicaments sont issus d’organismes marins, offrant des perspectives pour traiter diverses maladies.
- Régulation du climat : Ils absorbent environ un tiers des émissions mondiales de CO₂, contribuant ainsi à atténuer le changement climatique.
- Production d’oxygène : Grâce au phytoplancton, les océans génèrent plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons.
- Ressources alimentaires : Ils fournissent des protéines essentielles à plus de 3 milliards de personnes dans le monde.
- Économie et emploi : Le secteur maritime soutient des millions d’emplois, notamment dans la pêche, le tourisme et le transport.
Quelles actions politiques pour préserver les Océans ?
Face à cette situation alarmante, plusieurs mesures pourraient être envisagées lors de l’UNOC 2025 ;
- Extension des aires marines protégées : Atteindre 30 % de protection des océans d’ici 2030, en s’inspirant d’initiatives réussies comme celles des îles Galapagos.
- Lutte contre la pollution plastique : Mettre en œuvre des plans d’action pour réduire significativement les déchets en mer, à l’image du Plan d’actions zéro plastique en mer (2020-2025) en France.
- Pêche durable : Encourager des pratiques respectueuses des écosystèmes, en interdisant notamment le chalutage de fond dans les zones sensibles.
- Décarbonation du transport maritime : Réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur en promouvant des technologies propres.
- Renforcement de la recherche scientifique : Soutenir les programmes de recherche pour mieux comprendre les océans et développer des solutions innovantes.
Un des objectifs majeurs de la conférence est également de promouvoir la ratification du traité sur la biodiversité en haute mer adopté en 2023, afin de protéger les zones situées au-delà des juridictions nationales.
Conclusion : un moment décisif pour l’avenir des océans
Le sommet de l’ONU 2025 à Nice représente une opportunité unique de mobiliser la communauté internationale autour de la préservation des océans. Les décisions prises lors de cette conférence auront des répercussions durables sur la santé de notre planète et sur le bien-être des générations futures. Il est impératif que les engagements se traduisent par des actions concrètes et ambitieuses.
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