La maladie de Sanfilippo, ou mucopolysaccharidose de type III (MPS III), est une maladie génétique rare qui affecte le cerveau. Elle provoque une dégradation progressive des fonctions cérébrales et physiques, entraînant une perte des capacités mentales et motrices. Cela commence généralement chez les enfants entre 2 et 6 ans et mène à une dépendance totale au fur et à mesure que la maladie évolue.
Qu’est-ce que la maladie de Sanfilippo ?
La maladie de Sanfilippo est liée à un problème dans la façon dont le corps dégrade certaines molécules appelées glycosaminoglycanes (GAGs). Ces molécules s’accumulent dans les cellules, surtout dans les cellules du cerveau, parce qu’une enzyme nécessaire pour les décomposer est absente ou défectueuse. Cela perturbe le fonctionnement normal des cellules, notamment celles du cerveau, et entraîne leur dégradation.
Il existe quatre formes de cette maladie, chacune causée par un manque au niveau de différentes enzymes :
- Type A : manque de l’enzyme héparane N-sulfatase
- Type B : manque de l’enzyme alpha-N-acétylglucosaminidase
- Type C : manque de l’enzyme acétyl-CoA:alpha-glucosaminide N-acétyltransférase
- Type D : manque de l’enzyme N-acétylglucosamine-6-sulfatase
Ces déficiences en enzymes entraînent l’accumulation de substances toxiques, ce qui affecte gravement le cerveau et les autres organes.
Comment la maladie de sanfilippo se transmet-elle ?
La maladie de Sanfilippo se transmet de manière autosomique récessive, ce qui signifie que pour qu’un enfant développe la maladie, il doit hériter de deux copies du gène défectueux, une de chaque parent.
Les parents qui portent chacun une copie du gène défectueux peuvent être en bonne santé, mais ils ont 25 % de chances à chaque grossesse d’avoir un enfant atteint de la maladie. Ce mode de transmission est courant dans les maladies rares.
Quels sont les symptômes ?
Les enfants atteints de la maladie de Sanfilippo semblent en bonne santé à la naissance, mais les premiers signes apparaissent généralement entre 2 et 6 ans. Ces signes incluent :
- Retard dans le développement, notamment du langage
- Comportement très agité, avec des difficultés de concentration
- Problèmes de sommeil
- Perte progressive des capacités mentales et physiques
- Crises d’épilepsie
- Difficultés à marcher et à se déplacer normalement
À mesure que la maladie avance, les enfants perdent la capacité de faire des choses simples, comme manger ou s’habiller seuls. Ils deviennent progressivement totalement dépendants des autres pour leurs soins. La maladie peut aussi entraîner des infections respiratoires fréquentes.
Comment diagnostique-t-on cette maladie ?
Le diagnostic de la maladie de Sanfilippo se fait en plusieurs étapes :
- Analyse d’urine : cette analyse montre des niveaux élevés de GAGs, ce qui peut indiquer la présence de la maladie.
- Tests enzymatiques : ils mesurent l’activité des enzymes spécifiques dans le sang ou dans les cellules, pour savoir quel type de MPS III est présent.
- Tests génétiques : ils permettent de repérer les mutations génétiques responsables de la maladie.
Un diagnostic rapide est essentiel pour pouvoir offrir un suivi médical adapté et éventuellement participer à des essais cliniques.
Quel traitement existe-t-il ?
À ce jour, il n’existe pas de traitement curatif pour la maladie de Sanfilippo. Les soins visent à soulager les symptômes et à améliorer la qualité de vie. Cela inclut :
- Thérapies physiques pour aider à maintenir les capacités motrices aussi longtemps que possible.
- Médicaments pour contrôler les crises d’épilepsie.
- Soutien psychologique pour aider les parents à faire face à la situation.
- Soins palliatifs pour les stades les plus avancés, afin de rendre la fin de vie aussi confortable que possible.
Des recherches sont en cours pour développer des traitements plus efficaces, comme la thérapie génique, qui pourrait remplacer l’enzyme défectueuse, ou des traitements pour réduire l’accumulation des substances toxiques.
Quelle est l’espérance de vie ?
L’espérance de vie des patients dépend du type de la maladie. En moyenne :
- Type A : environ 15 ans
- Type B : environ 19 ans
- Type C : environ 23 ans
Ces moyennes peuvent varier en fonction de la rapidité du diagnostic et de la qualité des soins. Même si l’espérance de vie est plus courte que la moyenne, certains traitements et soins améliorent la qualité de vie des patients.

Comment les familles peuvent-elles obtenir de l’aide ?
Il existe plusieurs associations qui offrent un soutien aux familles touchées par la maladie de Sanfilippo, en les aidant à faire face à la maladie et en finançant des recherches pour trouver des traitements :
- Vaincre les Maladies Lysosomales (VML) : cette association soutient les familles et finance la recherche pour mieux comprendre et traiter la maladie.
- Cure Sanfilippo Foundation : elle soutient la recherche et aide à sensibiliser le public à cette maladie.
Conclusion
La maladie de Sanfilippo est une maladie génétique rare et sévère, mais les avancées de la recherche offrent des raisons d’espérer. Bien qu’il n’existe pas encore de traitement curatif, des traitements pour soulager les symptômes sont disponibles et des progrès sont réalisés chaque jour.
Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée sont essentiels pour améliorer la qualité de vie des enfants touchés par cette maladie. Grâce aux efforts des chercheurs et des associations, de nouvelles solutions pourraient voir le jour dans les années à venir.



